Le parlement européen a voté une révision de la Directive sur la Performance Énergétique des Bâtiments (DPEB), entrée en vigueur le 9 juillet 2018. L’exigence n’est pas nouvelle, mais les attentes sont plus précises : les bâtiments européens devront atteindre zéro émission carbone d’ici à 2050. D’ici là, l’un des jalons est fixé à 2030, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% par rapport à 1990.

« La directive révisée sur la performance énergétique des bâtiments favorisera la création d’emplois locaux, réduira la facture énergétique des consommateurs et améliorera la qualité de vie des Européens. »
Miguel Arias Cañete, Commissaire de l’Union Européenne pour l’action pour le climat et l’énergie

 

Révision de la directive, quels changements ? 

Cette révision formalise l’ambition de développer l’automatisation des bâtiments dans l’Union Européenne. Le premier objectif : réduire les émissions de gaz à effet de serre et augmenter la part des énergies renouvelables. L’Union Européenne souhaite un parc immobilier énergétiquement efficace et décarbonné.

Second objectif : l’indépendance énergétique de l’Union, la création d’emplois et l’atténuation de la précarité énergétique.

Le parc immobilier est responsable d’environ 36% de toutes les émissions de CO² dans l’Union Européenne.

Pour ce faire, les mesures doivent être nombreuses : isolation thermique, techniques passives, solutions naturelles (végétation urbaine, murs et toitures végétalisés), etc.

L’automatisme du bâtiment a un rôle clé, la Directive précise que « l’installation de dispositifs d’autorégulation dans les bâtiments existants pour réguler la température de chaque pièce […] devrait être envisagée lorsque cela est économiquement réalisable. »

Les capteurs et les actionneurs connectés sans fil sans pile répondent entièrement à ce besoin, en termes d’usages et de coût d’installation. Ils ont leur place dans la recherche constante de performance énergétique des Etats membres, et sont de plus en plus installés dans le résidentiel, le tertiaire, etc.

Grâce à l’innovation et aux nouvelles technologies, les bâtiments peuvent à leur tour soutenir la décarbonation globale de l’économie.

Repenser la technologie et les objets connectés comme vecteurs de l’efficacité des systèmes de chauffage et de climatisation, c’est ce que veut l’Union Européenne. Chaque fabricant d’objet connecté interopérable à un rôle important à jouer pour répondre à ce défi.

Dans 80% des bâtiments de l’Union Européenne, les postes chauffage et refroidissement représentent près de 50% de la consommation d’énergie finale. Les objets connectés, comme le module multifonction EnOcean, doivent participer à réduire cette consommation de manière intelligente. Optimiser la gestion du chauffage et de la climatisation selon la présence/l’absence, des scénarios facilement applicables avec des produits et une centrale intelligente, qui s’installent facilement et rapidement.

 

Les bâtiments doivent intégrer le digital

La Directive cible la numérisation du secteur du bâtiment avec l’importance de réseaux haut débit pour « le développement des maisons intelligentes et des communautés bien connectées ». Le parlement européen a compris l’importance du digital pour les bâtiments, et les bénéfices qu’il représente pour les consommateurs – un suivi de leurs consommations – et pour les gestionnaires, une maintenance prédictive et plus efficace.

Pour les bâtiments non résidentiels, on parle de la nécessité d’équiper d’un système d’automatisation et de contrôle les systèmes de chauffage ou de ventilation d’une puissance >290 kW d’ici 2025. Il est possible de le faire dès aujourd’hui avec des objets connectés radio interopérables, qui analyserons en continu la consommation énergétique et l’ajusterons. Ils devront « être interopérables avec des systèmes techniques de bâtiment impliquant différents types de technologies brevetées, de dispositifs et de fabricants ».

C’est une réalité, la Directive pousse le marché ! Le parlement européen en est convaincu et l’a constaté : le digital permet aux bâtiments de « réaliser des économies substantielles d’énergie présentant un bon rapport coût-efficacité tant pour les consommateurs que pour les entreprises ».

Ainsi, l’installation de capteurs et d’actionneurs connectés interopérables devient LA solution « la plus rentable dans les grands bâtiments non résidentiels et les grands immeubles comprenant plusieurs appartements » pour réaliser des économies d’énergie significatives.

 

Et demain ?

Les bâtiments seront intelligents, et devront se conformer à des exigences d’infrastructure pour les points de recharge des véhicules électriques. Demain, ils s’intégreront pleinement dans les villes intelligentes, car la transition énergétique passe aussi par les véhicules électriques.

D’autre part, les Etats membres sont invités à prendre des initiatives pour « promouvoir le développement des compétences et la formation dans les secteurs de la construction et de l’efficacité énergétique ». Nous attendons maintenant la suite de cette directive, à savoir la mise en place d’une norme. A suivre…

 

Sources :

Directive (UE) 2018/844 du parlement européen et du conseil du 30 mai 2018

Livre blanc de l’Alliance EnOcean – Analyse de la DPEB 2018 concernant les exigences en matière d’automatisation des bâtiments